Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 19:25

Kate Cameron est une jeune fille qui a tout pour elle, un copain, des ami(e)s, une famille etc...
Mais elle se doit de déménager en Bretagne pour le boulot de son père. C'est là qu'elle rencontrera
sa future meilleure amie Emmy et sa colloc' Alex. Cependant, il y a aussi cette Jefferson qui a un
je ne sais quoi qui la pousse à essayer d'en apprendre plus sur elle. Kate se sent-elle
attirée par cette jeune fille ? Est-ce juste une passade ou bien plus que ça ? 

Bon, après une pause plus que raisonnablement longue, je pense qu'il est trop tard pour reprendre la suite de cette histoire (j'ai pourtant essayé...). En effet, je pense avoir gagné un minimum en maturité depuis 3 ans (à peu près le début de l'histoire) et je n'ai pas réussi à continuer avec la "même mentalité". Tout, ou presque, me semble plus ou moins bidon et un peu jeunot pour être honnête. J'aimerai en écrire une autre, dans le même style globalement je pense mais avec un regard un peu plus vieux et moins "puéril" je l'espère ^^ Voilà, je suis désolée pour celles qui voulaient connaitre la suite. Soit je laisse comme ça, soit j'écris la fin à la manière d'un épilogue qui trace les grandes lignes comme à la fin de certains films, au choix ^^


N'hésitez pas à laisser des commentaires pour que je sache au moins si ça plaît ou pas.
Je suis aussi ouverte à la moindre suggestion, etc...
Enfin bref, le topo habituel quoi !
(PS : Je ne mords pas xD)

Tout commentaire homophobe, injurieux, etc... sera bien sûr supprimé.

Toute ressemblance avec une autre œuvre ou je ne sais quoi n'est que pure coïncidence.

Voilà, j'ai fini ! Ah non,
B O N N E
L E C T U R E

Rαρρεl :
" Toute représentation
ou reproduction intégrale
ou partielle, faite sans
consentement de
l'auteur ou de ses
ayants droit, est
illicite "
(art. L.122-4)
Par Lily
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 19:20

1

A peine ai-je franchi les grandes grilles de la propriété que j’entends les pneus de la voiture de mon père crisser dans l’allée. Et dire qu’il m’a confisqué mon vélo pour avoir osé déraper dans cette même allée quelques jours plus tôt. Je ne le comprendrai jamais. Je hausse les épaules et me dirige d’un pas nonchalant vers lui.

 

- « Tiens Kate, tu tombes à pic ma chérie. Il faut que tu fasses tes valises et que tu mettes toutes tes affaires dans les cartons. Ah je suis si content ! » S’exclame-t-il en me saisissant par les épaules.

- «  Euh, je peux savoir ce qu’il se passe ? Quoi que non laisse tomber, oublie… »

 

Autant parler à un mur, il ne m’écoute même pas de toutes manières. Et je connais parfaitement la réponse à ma question. Je ne sais même pas pourquoi je daigne la poser. Encore une fois. Quand mon père décide quelque chose, il ne revient jamais en arrière. Autant essayer de chanter comme une casserole devant un sourd-muet. Bien que ce-dernier aurait une excuse valable au moins. Redressant la sangle de mon sac sur mon dos, je passe la porte et vais rejoindre mon frère aîné dans sa chambre. Au moins un qui m’écoutera. Je jette mes affaires dans un coin de la chambre et me laisse tomber sur son lit en soupirant.

 

- « Bretagne.

- Pardon ? » Lui répondis-je en me redressant rapidement.

- « Je disais Bretagne. C’est la nouvelle obsession de papa. Un nouveau poste dans l’aéronautique s’est libéré. L’ancien directeur est décédé la semaine dernière et c’est papa qui a été appelé pour le remplacer. Je cite « une occasion unique qui ne se représentera jamais plus dans cette putain de vie ».

- Wow, papa a dit ça ? Je suppose que son excitation est justifiée alors…

- Oh allez, réagis pas comme ça. C’est peut-être une bonne chose après tout. »

 

Je soupire à nouveau et me laisse tomber en arrière sur le lit.

 

- « Ca sera une bonne excuse pour tout dire à David…

- Loïc Cameron, t'es genre le mec le plus emmerdeur que j'connaisse ! » Criais-je en mimant une fausse rage et en lui envoyant un coussin en pleine tête. 

 

Je récupère mes affaires non sans lâcher, malgré tout, un grognement mécontent et me dirige vers ma chambre. Je sais qu’il a raison. D’ailleurs, c’est surement pour ça que ça me met les nerfs en boule ! Il a toujours raison. S’il disait que les pingouins savaient voler, tout le monde le regarderait d'un air admiratif devant un tel "savoir". Heureusement qu’il n’en abuse pas parce-que les pingouins en pâtiraient. Enfin bref, pour en revenir à la cause de cet énervement soudain, il se trouve que je n’ai jamais été amoureuse de David. Ca ne serait pas un problème en soi s'il n'était pas actuellement mon petit copain. Loïc s’est toujours demandé comment j’en suis arrivée à sortir avec lui. Ne parlons pas de mes parents, la question ne se pose même pas pour eux : il est beau, intelligent, issu de famille aisée et j’en passe sans doute des pires et des meilleurs. En réalité, ce sont mes soi-disant amies qui m’ont poussée à sortir avec ce garçon, pour toutes les raisons que mes parents ont évoquées. Je me suis laissée tenter si je peux dire ça comme ça. Et maintenant, je dois rectifier le tir comme dit si bien mon frère. Il n'est pas faux qu’un déménagement en Bretagne se trouve être une bonne excuse qui plus est, tombe à pic. A regret, je commence quelques cartons avant que ma mère ne se mette à hurler que le repas va être froid si on ne descend pas immédiatement.

 

- « On part dans combien de temps ? » Demandais-je en redoutant la réponse.

 

Il est vrai que mon père n’est pas du genre à faire les choses à moitié. Un trait de caractère qu’il m’a transmis d'ailleurs. Et ce n’est pas toujours une qualité, croyez moi.

 

- « Mmh… A la fin du mois. »

 

J’ai déjà dis à quel point je déteste la façon de parler de mon père ? Sur ce point là, on est quitte. Je ne parle pas assez bien à son goût. Maintenant que la réalité me fait face, je me rends compte qu’une grande partie des meubles manque déjà à l'appel.

 

- « Embarqués aujourd'hui. Déjà là bas. » Anticipe Loïc en relevant la tête de son assiette.

 

Et voilà, quand je disais qu’il lit en moi comme dans un livre ouvert. Je ne l’ai pas dis ? Eh bien c’est chose faite je suppose.

 

- « J’ai plus faim, j’monte me coucher. »

 

Rabat-joie ? Bon, j’ai toujours eu horreur des repas en famille. Enfin, plutôt avec mes parents puisque je n’ai pas de problème avec mon grand frère. Ce silence pesant omniprésent… Même le bruit des coups de fourchettes dans l’assiette semble diminué, comme si elle était recouverte de coton. Il ne manque plus que les livres sous les bras pour garder ces-derniers le long du corps et on formerait une parfaite parodie des dessins-animés que je regardais quand j’avais encore l’âge de rigoler de ça.

C’est ainsi que j’appris mon départ imminent pour l’ouest de la France. La seule chose qui changera réellement dans le paysage est sans doute la température de l’eau. En effet, l’Atlantique ne vaut pas la Méditerranée. Pourquoi je parle de choses si futiles alors que tout ce dont j’ai vraiment peur est de perdre mes amies ? Je crois que je ne veux surtout pas penser à cette éventualité.

Par Lily
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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 19:08

2

Ces derniers jours sont passés bien trop vite à mon goût. J’aurais tellement aimé avoir plus de temps ou même carrément ne pas partir. De plus, fini le hand maintenant. Puisque mes parents veulent me mettre en internat, je ne pourrai plus m’entrainer. Les seules réponses que je réussis à obtenir quand je demande de rester sont « Mais tu verras, ça va être génial ! » ou encore « De toutes façons, tu n’as pas le choix ! C’est une superbe opportunité pour ton père, alors ne lui gâche pas sa joie... ». En clair, je n’ai effectivement pas le choix. On arrive enfin à l’aéroport. Je jette un dernier regard autour de moi. Je sens une boule dans ma gorge. Je ne vais tout de même pas me mettre à pleurer. Ressaisis-toi ma vieille ! C’est rien qu’un changement de vie après tout. Ca, c’est plus fort que moi. Si je ne trouve personne à chambrer, je me fais de l’ironie à moi-même. Me voilà bien… On monte dans l’avion. C’est la première fois que je vais en prendre un. J’ai un vertige atroce ! J’écoute attentivement l’hôtesse de l’air qui commence à nous donner les instructions pour le décollage et suis tout ce qu’elle dit à la lettre. J’ai même le droit à un sourire alors qu’elle se retourne pour aller s’asseoir elle-aussi. Je soudainement l’appareil se mettre en mouvement. On dirait que c’est bientôt le moment. En effet, l’avion s’élance brusquement sur la piste, me plaquant un peu plus contre mon siège alors qu’il prend de la vitesse et quitte le sol. Je ferme les yeux et je peux très bien imaginer les jointures de mes mains devenir toutes blanches tellement je m’agrippe fort aux accoudoirs.

 

- « Ca va aller mademoiselle ? »

 

Je redresse la tête et ouvre enfin les yeux. Je m’assure d’être bien vivante, j’ai tellement la frousse ! C’est juste l’hôtesse de tout à l’heure qui me parle. Ouf, j’ai cru que j’étais déjà au paradis.

 

- « Oui, je suppose que ça va aller… 

- Vous avez besoin de quelque chose ?

- Je… veux bien un verre d’eau. Merci. »

 

Mon grand frère me tape l’épaule avec la paume de sa main de son air taquin.

 

- « Alors sœurette, on bafouille devant une hôtesse de l’air ? Je pensais que tu étais 100% mec !

- J’bafouille pas. Mais qu’est-ce que tu vas chercher là ?! J’te rappelle que j’ai une trouille pas possible en avion !

- Mais t’en as jamais pris ! Comment tu peux savoir ?

- Loïc … Disons que je pense que je le sais parce-que … JE SUIS DANS UN AVION ET QUE J’AI LA TROUILLE DE MA VIE !!!

- Pas la peine d’hurler, tout le monde te regarde maintenant… »

 

Je commençais vraiment à désespérer de son cas. Mais je dois avouer que maintenant, c’est plutôt de moi que je désespère. Il faut toujours que je me fasse remarquer dans des moments incroyables. Ce n’est pas la peine de se disputer pour si peu. Je sors alors mon iPod de mon sac et mets les écouteurs. J’écoute Bloc Party et sombre petit à petit dans un sommeil sans rêve. Je reste comme ça durant presque les six heures de vol, puis commence à retrouver la dure réalité tout doucement. Une voix annonce nous annonce qu’il faut attacher nos ceintures car nous allons bientôt atterrir. Je commence inconsciemment à remuer sur mon siège. Quand je sens une main se glisser dans la mienne. Une main qui se veut rassurante. Etonnée, je me tourne vers le propriétaire de celle-ci et remarque que ce n’est autre que celle de … Loïc ! Quand je disais que mon frère était toujours là pour moi. Sans même avoir eu besoin de lui dire que j’étais effrayée de l’atterrissage, il l’a tout de suite sentit. Quoique je suspecte un désir de se faire pardonner de m’avoir taquinée comme ça tout à l’heure alors que j’étais terrifiée. Soit.

Si on m’avait dit que je serai si contente de fouler le sol breton il y a quelques heures, je crois que je ne l’aurai pas cru. La peur nous fait vraiment ressentir n’importe quoi ! Bon maintenant, direction l’arrivée des valises. Pleins de gens sont déjà regroupés autour du tapis roulant qui leur rendra leurs bagages. Je m’en vais faire pareil quand mon frère me retient.

 

- « Les parents nous ont dit d’aller chercher des chariots pour tout mettre dans le camion de déménagement. Ils se chargent des valises, viens avec moi ! »

 

Je le suis alors à contre cœur. On prend un chariot chacun et les amenons à eux. Ils sont déjà entourés de plusieurs sacs et mon père est en train de râler auprès de ma mère. N’ayant pas envie de les entendre se disputer, je m’éloigne un peu et en profite pour me dégourdir les jambes. Je me dirige vers une petite boutique et prends quelques prospectus disposés sur une étagère. Rien de bien intéressant.

 

- « Kate, viens ici. Aide ta mère à pousser le chariot ! On y va.

- J’arrive, j’arrive. »

 

Le chargement n’a pas duré longtemps. Pendant que les déménageurs mettent les meubles, nous, on va voir pour acheter une nouvelle voiture. On a revendu la notre avant de partir. Mes parents ne voulaient pas s’encombrer d’une voiture durant le voyage. C’est tout de même plus pratique d’en prendre une ici directement. On arrive devant le concessionnaire automobile quand … mais je rêve ! Ils sont en train de regarder une Porsche ! Oui, bien sûr que je rêve, ils signent juste le contrat pour acheter le break d’à côté. On monte alors à l’intérieur et on retourne à l’aéroport afin de suivre le camion de déménagement jusqu’à la maison. Au moins, le quartier est plutôt sympa. On commence à tout décharger et à disposer les meubles dans les pièces. Je monte dans ma nouvelle chambre et me jette sur le lit. Il faut voir le côté positif des choses, malgré tout ces changements, je garde toutes mes affaires personnelles. Tels que je connais mes parents, ils auraient été capables de tout abandonner là-bas pour tout racheter ici. Il n’y a rien qu’à voir l’histoire de la voiture. Et ce n’est seulement qu’un exemple parmi tant d’autres. Enfin une bonne nouvelle : la chambre est superbe. Grande mais pas trop, avec une immense baie vitrée. D’ici, je peux apercevoir la rivière en contrebas, dans le jardin fleurit. C’est vraiment magnifique. J’espère que le reste de la maison sera semblable. Les murs de la pièce sont orangés, ma couleur préférée. Encore une chose positive. Futile, certes, mais tous les moyens sont bon pour se rassurer, non ? Il faudra quand même que j’y ajoute ma petite touche personnelle. Les déménageurs ont déjà amenés mes affaires et ont disposés les cartons au pied du lit. Ce dernier est assez banal mais c’est un lit deux personnes de façon à avoir de la place. Des rideaux sont posés sur celui-ci. Je vais commencer par les accrocher et ensuite, peut-être que je déballerai un premier carton. Une fois terminé les premiers aménagements, je descends manger avec ma famille.

Par Lily
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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 19:06

3


Le repas m’a paru interminable ! Je monte les escaliers en vitesse et me précipite dans ma chambre. Je me laisse tomber sur le lit puis allume mon portable afin d’appeler la messagerie vocale. Peut-être que quelqu’un a pensé à moi et m’a envoyé un message de réconfort après tout. « Vous n’avez aucun nouveau message… ». Bien sûr, ce n’était qu’une éventualité. Il est encore tôt. Triste et nostalgique, je me saisis délicatement de ma guitare et commence à jouer un morceau. Pour une fois, je suis assez fière de ce que je fais. J’écris alors toutes les notes que je joue sur mon cahier en les arrangeant au fur et à mesure, de peur de les oublier. J’aimerais beaucoup m’intégrer à un groupe de musique. Mes anciens professeurs m’ont toujours dit que j’avais du potentiel. Ce n’est pas que je ne veux pas les croire, mais je ne me voile pas la face. Je n’ai jamais eu de demandes pour intégrer quoi que ce soit. Ce n’est pas en débarquant en Bretagne, où je ne connais rien ni personne, que j’y arriverai davantage. Reprenant un peu de ma contenance, je me dirige vers la chambre de Loïc. La porte est déjà entrouverte. Je la pousse un peu et le rejoint sur le clic-clac qui lui sert de lit par la même occasion. Je pars demain en internat et le fait de ne plus le voir pendant si longtemps – pas de retour le weekend – me file le blues.

 

- « Tes amis ne te manquent pas ?

- On m’a toujours dit que les françaises étaient plus belles que les américaines, alors tu sais ! Non, j’t’embête ! Si, ils me manquent un peu. Mais on se reverra, alors ce n’est pas grave.

- Mais, personne ne m’a encore appelé…

- Alors elles ne te méritaient pas. Tu vois, c’est dans des cas comme celui-là que tu te rends compte de qui sont tes vraies amies.

- Tu sais que quand t’es comme ça, j’t’admire ? Profites, ce n’est pas souvent !

- Viens là que j’t’attrape Princesse !

- … 

- Qu’est-ce qu’il y a ? Ca ne va pas ?

- La dernière fois que tu m’as appelé comme ça, je ne devais pas être plus haute que trois pommes...

- Mais maintenant tu es grande, belle, intelligente… tout comme ton grand frère adoré !

- J’aurais du m’en douter ! Tu ne peux pas être sérieux plus de cinq minutes !

- C’est pour te remonter le moral mais je pense ce que je t’ai dit. Allez, file dans ta chambre pour dormir avant que je regrette ce que j’ai dit ! Il faut que tu sois prête pour le grand jour demain !

- Tu vas me manquer. »

 

Il m’adresse un sourire et me donne une petite tape sur l’épaule. Pas besoin de mot. Je sais que ce sera dur sans lui et réciproquement. Je me dirige vers ma chambre puis, me retourne brusquement.

 

- « Loïc ?

- Oui ?

- Merci. »

 

Encore un sourire mais cette fois-ci, je sors pour de bon. Il ne sera plus là demain matin quand je me réveillerai car il commence son boulot très tôt. Malgré tout, c’est avec le visage de mon frère que je m’endors et sans le stress qui me tenaillait le ventre une heure plus tôt.

Par Lily
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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 19:06

4


Foutu réveil ! Il y a donc une chose qui reste pareille. J’aurais encore préféré tout changer. Ravalant ma mauvaise humeur, je me lève, m’habille, prends mes sacs, un croissant que j’avale en vitesse, et je déguerpis en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je monte dans le car de justesse et c’est parti pour ma première semaine d’internat. Je ne rentrerai que pendant les prochaines vacances qui sont dans cinq semaines. C’est donc le temps que je vais devoir passer dans un lieu qui m’est, pour l’heure, encore inconnu. Je balaye les sièges du regard en quête d’une éventuelle place libre. Tiens justement, il y en a une quelques rangées plus loin. Je me dirige à grands pas vers une jeune fille brune et tente ma chance.

 

- « Hum, excuse-moi… Cette place est prise ou… enfin… je peux m’asseoir ? »

 

D’aussi près, je peux voir nettement ses yeux. Ils sont d’un vert magnifique ! Moi je les aie marrons. Je trouve cela tellement classique, courant, banal quoi ! Ma mère m’a toujours dit qu’ils sont superbes. Mais, c’est aussi un peu le rôle d’une mère en général. Pour la plupart des mères, leur progéniture est parfaite ou presque, faut pas exagérer non plus. Je ne pense donc pas que je peux me fier à cet avis. La jeune fille se tourne vers moi et me fixe d’un air qui ne se veut pas engageant. Pas engageant du tout si je me fie à ses yeux qui s’assombrissent instantanément à ma vue.

 

- « Elle est prise », me répond-elle d’un air pas aimable du tout.

 

Eh ben si c’est comme ça l’internat, je vais encore plus regretter mon ancien lycée. Bien que ce-dernier n’ait pas beaucoup d’atouts. Enfin, si on peut dire ça comme ça… En tout cas, je comprends mieux pourquoi elle n’a personne à côté d’elle. Un peu vexée tout de même, je vais m’asseoir sur le siège que me montre de la main une autre jeune fille. Elle a l’air sympathique et me fais la bise sitôt que je suis assise à côté d’elle.

 

- « Salut ! T’es nouvelle je suppose, je ne t’avais jamais vu à l’internat. Tu vas bien à l’internat ?

- En fait… Mmpf. Oui. Je suis arrivée hier soir et je ne connais même pas encore le nom de ma rue. Si c’est pour dire ! Oui, oui je vais bien à l’internat.

- Ne t’inquiète pas ! Je vais t’aider à t’intégrer si tu veux. Au fait, je ne me suis même pas présentée ! Moi, c’est Emilie, mais appelle moi Emmy comme tout le monde.

- Merci beaucoup ! Enchantée Emmy alors. J’m’appelle Kate », lui répondis-je un peu plus gaiement que tout à l’heure.

- « Kate ? Ca me rappelle… Non laisse tomber. Tu vas voir, les surveillants sont plutôt cool au bahut même si c’est pas l’cas de tous les profs. Et puis… »

 

Je crois que je suis tombée sur la fille la plus pipelette que j’ai jamais rencontrée de toute ma vie. Je crois aussi que j’ai un peu lâché… Pas que ça ne m’intéresse pas mais mon regard n’arrête pas de se tourner vers cette fille de tout à l’heure. Elle avait ce truc dans le regard…

 

- « Kate ?

- Hein ? Quoi ?? Hum pardon, je… J’étais dans la lune.

- C’est rien, on est arrivé. Tu viens ? Non parce-qu’en fait, il faut que tu descendes pour que je puisse passer et je ne pense pas que nos parents trouveraient ça drôle de nous voir revenir. »

 

Elle me fait marcher là ? Un petit sourire apparaît aux coins de ses lèvres et je relâche enfin mes épaules. Je rigole un peu et me lève avant de descendre du car.

 

- « T’as l’air d’être une sacrée toi ! » Me dit-elle en plaisantant.

 

Je pensais la même chose à son propos et souris en lui donnant une petite tape sur l’épaule d’un air taquin. Peut-être que je vais me plaire ici finalement.

On traverse plusieurs couloirs – il va falloir que je fasse attention si je ne veux pas me perdre – avant qu’Emmy ne s’arrête et ne se tourne vers moi.

 

 

- « Voilà, c’est le bureau du proviseur. Moi je te laisse, je ne vais pas plus loin ! A plus tard j’espère !

- Merci beaucoup… »

 

Ce n’était pas dit avec grande conviction mais de toute façon, elle est déjà partie. Heureusement, j’arrive le jour de la rentrée des classes. Je n’ai donc heureusement encore loupé aucun cours. Et puis je commence seulement dans quelques heures. C’est-à-dire, aucun cours à rattraper non plus ce matin. Après avoir entendu une ou deux heures devant la porte, celle-ci s’ouvre enfin, révélant un grand homme. Surement le proviseur. Il me fait signe d’entrer et je s’engouffre à ma suite. Il a l’air d’être assez âgé vu les cheveux gris blancs qui ornent son crâne. Je remarque cependant ses yeux gris. Il a l’air tracassé… Ah oui, je n’ai pas dû préciser mais, j’adore regarder les yeux des gens. C’est la première chose que je regarde avec le sourire sur une personne. J’aime bien le petit côté mystérieux qu’est capable de dissimuler une personne avec un simple sourire. Mais on ne peut pas mentir avec les yeux.  Je regarde rapidement autour de moi et ne vois aucune photo, aucun dessin pouvant trahir la situation familiale ou les sentiments de mon interlocuteur. Sans plus de conviction qu’avec Emmy, je lui explique ma situation. Il me dit qu’il n’a pas le temps et que je n’ai qu’à demander à un élève de m’emmener rejoindre la Terminale Scientifique 4. Cette journée commence vraiment bien pour moi… On ne peut pas vraiment dire que ce petit entretien m’a beaucoup renseignée. Et en plus, j’ai loupé le déjeuner. Heureusement pour moi, Loïc n’est pas là. De toute évidence, j’aurai eu le droit à un sermonnage et ce n’est pas une partie de plaisir, croyez-le ou non. Bon, où est ma classe maintenant. Ca, c’est une autre paire de manche. Je lève la tête de la petite feuille colorée qui fait également office d’emploi du temps et cherche du regard une quelconque personne pourrant m’aider dans mes recherches. Une surveillante traine justement non loin de moi et presse un peu les retardataires. C’est peut-être mon jour de chance finalement. En quelques sortes… Je m’approche et lui confie mon petit problème. Sans difficultés, et même avec un sourire, elle m’emmène rejoindre le reste de ma classe.

 

- « Voilà, on est arrivé. Tiens, je te donne ta clé de chambre et le couvre-feu est à dix heures. Je pense qu’il est inutile de te préciser le genre de sanction qui sera appliquée à la moindre désobéissance. Il est également interdit d’apporter des substances illégales au lycée ou de se balader dans le bâtiment réservé aux garçons. Eux-mêmes ayant l’interdiction de faire de même dans celui des filles. Mais t’inquiète pas, y a jamais réellement de problèmes mais le proviseur est à cheval sur le règlement. Au moindre souci, je serai dans le bureau au fond du couloir. C’est moi qui suis de charge pour ta chambre. Alors hésite pas. Maintenant file en cours, à plus tard !

- Merci pour tout. »

 

Il y a quand même des gens sympathiques dans ce lycée. Je risque de vite m’y faire. Et ce n’est pas plus mal. Résignée, j’entre dans la salle où sont déjà en train de s’installer les autres élèves. Je ne suis pas vraiment de celle qui aime beaucoup se jeter à corps perdu dans l’inconnu mais ça ne doit pas être si terrible que ça vu les premières heures que j’ai passées ici. Tout le monde à l’air si gentil. N’est-ce pas ?

Par Lily
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P'tit repère

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Marre du silence ?

 

Si si, à voir ;) ♥

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